Frère Christian
Frère Luc
Frère Christophe
Frère Michel
Frère Bruno
Frère Célestin
Frère Paul
Fête de Saint BENOIT - 11 Juillet
Frères et Sœurs, la vérité quand elle est une idée, une définition, un système, une spéculation... une élucubration : il faut se hausser, s'élever, faire l'intelligent à la mesure de ses moyens pour la saisir, l'analyser et se la mettre dans la tête.
Mais si la vérité, c'est Quelqu'un - un jour on a tout quitté pour le suivre - et il s'agit d'entendre sa Voix, d'accueillir sa Présence, de rencontrer son Visage, il faut simplement, vraiment incliner son cœur. Oui quand on écoute l'Évangile - Parole qui est Révélation - il faut demander le discernement, appeler l'intelligence, l'intelligence pauvre qui nous met à hauteur du Christ doux et humble. Et quand I'Évangile nous vient par un saint qui vraiment l'a mis en pratique - la vie des saints qu'ils s'appellent Augustin, Benoît, François, Claire ou Charles - c'est l'Évangile illustré, mis en histoire. Oui, aujourd'hui, en ce jour où l'Évangile de Jésus Christ nous vient par Benoît : il nous faut demander une oreille attentive, un cœur qui s'incline.
Une oreille. Un cœur. Mais c'est Benoît lui-même et cet homme de Dieu, cet homme selon Dieu : il est appelé à voir. Voilà le portrait élémentaire de Benoît : une oreille, un cœur et un regard (tout chez lui est unifié : l'écoute n'est pas dispersée, curieuse, tous azimuts ; le cœur n'est pas partagé ni double ; le regard ne louche pas à droite et à gauche...). C'est que Benoît est moine : monos, unifié par et dans l'Un.
TRANSFIGURATION : Voir venir l'autre
Ainsi quelque chose est arrivé à Jésus en prière sur la montagne. Quelque chose qui a altéré son être comme réduit à l'essentiel : visage. Jésus fait face au Père, mais sans se détourner ni de Moïse, ni d'Élie avec qui il converse, ni de ses trois disciples.
Dieu se révèle. Relation : visage et voix nous attirent. Faire face nous ici, en prière, un peu, sur cette montagne. Alors qu'arrive-t-il ? En quoi cet événement de Lumière nous concerne-t-il ? La Palestine n'est pas si loin.
Fixons notre attention sur l'Écriture. Laissons l'Évangile nous illuminer. Jean écrit : Personne n'a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui est dans le sein du père, lui, nous l'a dévoilé (Jn 1,18). (…)
Il me semble aujourd'hui qu'en effet, Jésus est pour nous celui qui marche, celui qui nous ouvre un chemin de lumière, là même où tout semble bouché, et c'est bien de cela qu'il s'entretient avec Moïse et Élie : de son Exode.
Ce qui peut nous arriver dans la prière ? Qu'une étoile se lève en notre cœur ... Mais avant, il faut lutter contre le sommeil, contre la pesanteur, veiller, être attentif, être là dans la nuit, sur cette montagne, pris par Jésus, épris de Lui. Si la contemplation est une vocation pour tout disciple que Jésus prend avec lui, il me semble que cet épisode arrivé en Palestine nous indique ce voir. Voir, c'est simplement, et c'est cela je crois être «visionnaire», c'est voir venir. Oui, dans la nuit, voir venir quelqu'un. Croire que Pâque est en train de s'accomplir, victoire de la lumière sur les ténèbres. Espérer contre toute espérance, s'attendre à quelqu'un. Oui, tu ne peux pas ne pas venir. (…)
ASSOMPTION de MARIE : Ce trésor où nous pouvons puiser
[Le Bien-aimé du Cantique] : Debout, toi, ma compagne, ma belle, lève-toi, ma bien-aimée, partons d’ici !
Le DESIR de Dieu pour notre race humaine n’a pu attendre la consommation des siècles… il lui fallait même se signifier dans le cours du temps. Fais-moi voir ton visage ! Fais-moi entendre ta voix !
Élevé de terre j’attirerai tout à moi ! (Jn 12,32.)
Elle était de notre race, mais TOUT en elle tendait vers Dieu. Il était son PENCHANT de toujours. Aucune réticence, aucune résistance, aucune adhérence, à la boue qui nous colle à la peau. Pour elle, jugement particulier et jugement dernier sont immédiats. Pour nous, il faut que la miséricorde de Dieu et celle des hommes puisse se conjoindre. Elle n’a rien brisé de la COMMUNION à venir.
Amassez-vous des trésors dans le ciel… (Mt 6,20)
Le trésor de Dieu.
Le trésor de Marie.
Marie, ce trésor où nous pouvons puiser, qui ne demande qu’à investir en notre faveur.
FÊTE de la CROIX GLORIEUSE (14 septembre) : l'essentiel nous est confié
Si l'essentiel est vraiment là où Jésus meurt : en Croix... suis- je prêt à vivre cet essentiel, à témoigner de cet essentiel : donner ma vie, m'en dessaisir pour les autres. Car l'essentiel, nous sommes tous d'accord : c'est de vivre... et l'essentiel de la vie: c'est aimer, être aimé. Mais vivre jusqu'à ce point... aimer jusqu'à cet extrême, et puis être aimé de cette façon...
Jésus en croix nous dit d'abord ce que n'est pas l'essentiel,
il nous montre où il n'est pas :
- l'essentiel n'est pas de réussir, de s'épanouir, de faire carrière (professionnellement, religieusement), Jésus meurt abandonné, condamné, humilié.
- l'essentiel n'est pas dans l'argent ni dans cette apparence qu'il nous permet d'acheter: Jésus meurt nu, dépouillé, dévêtu de toute apparence, homme ordinaire, en tout semblable aux hommes et reconnu comme un homme : le Nazaréen ! Ecce Homo.
-l'essentiel n'est pas dans le manger, ni dans le boire. J'ai soif, dit le supplicié (Jn 19,28).
TOUSSAINT : Nous apprendre le bonheur de Dieu
Jésus voyant la foule, peut-être bien qu'il entend ce verset du Psaume -nous le chantons chaque soir à Complies et cette nuit aux Vigiles : Beaucoup demandent : Qui nous fera voir le bonheur ? (Ps 4,7).
[…] Oui, ils sont foule aujourd'hui de par notre monde à demander : Qui nous fera voir le bonheur ? Suffirait-il en guise de réponse d'édicter une loi : charia ou catéchisme, garantissant un bonheur... obligatoire et triste, dont les gens à dire vrai n'ont que faire !
Faut-il avancer des idées et élaborer un bonheur bien programmé, froid et tellement exclusif : bonheur des riches ou du prolétariat, bonheur des blancs, bonheur occidental genre Le Pen ou bonheur islamiste ? Nous faudrait-il choisir ?
Le CHRIST ROI : Comment Jésus règne sur la Croix
Sur la Croix, voici l'homme, Jésus, l'acteur principal. Il ne joue pas sur l'écran. Il est dans la salle, avec les spectateurs. Il est dans l'histoire, avec nous. Voici l'homme dans son plus beau rôle : le centurion bientôt dira : en réalité, cet homme était un juste (Lc 23, 47). L 'Église, c'est un peuple qui regarde : et qui témoigne, qui tient et s'affirme elle-même dans ce regard porté envers et contre tout sur Jésus. Elle ne rêve pas. Elle n'imagine pas. Elle regarde : le réel de la Croix aujourd'hui : l'humanité torturée, humiliée, transpercée, défigurée.
L'Église ne se détourne pas. Son regard démasque le mensonge. Son regard témoigne : le Procès n'est pas fini. L'Accusé n'a pas dit son dernier mot : l'Agneau immolé, il est vainqueur. Le Crucifié, il est ressuscité : vivant. Il règne. Christ et Roi.
Frères et sœurs, regardons le Roi. Que notre regard témoigne et reconnaisse : "Jésus, tu es mon Seigneur et mon Roi". Ce Roi vient d'Ailleurs, mais il est de chez nous et les siens ne l'ont pas reconnu. […]
La croix, frères et sœurs, c'est la façon qu'a Jésus de se tenir dans l'être. Qui le voit, voit le Père (Jn 14,9). Ainsi Dieu se tient à la merci de notre accueil. En Jésus nous voyons comment Dieu se tient : quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous saurez que je suis et que je ne fais rien de moi-même (Jn 8,28).
Jésus est roi. Il tient sa royauté de celui qui l'a envoyé. Restons un moment à regarder ce roi en train de régner sur la croix. Regardons Jésus en plein exercice de pouvoir: obéissant jusqu'à la mort (Ph 2,8).
D'abord, ce Roi : il n'est pas dans un lointain inaccessible. Il est à portée de regard. Ce Roi : Prince de la Paix. Conseiller merveilleux. Ce Roi est proche. Emmanuel. Dieu avec nous (Mt 1,23). […]