Accéder au contenu principal

Frère Christian

Frère Luc

Frère Christophe

Frère Michel

Frère Bruno

Frère Célestin

Frère Paul

presentation nd afriqueDans l’antiquité  [1]. Carthage en est le pôle urbain principal. Une présence chrétienne nombreuse et structurée y est attestée relativement tôt : dès la fin du  IIème siècle. Des personnalités émergent et laissent des traces écrites : Tertullien(150-220), théologien à Carthage est le premier auteur chrétien à écrire en latin, a laissé une œuvre encore connue aujourd’hui. Signe de ce rayonnement et de cette intégration romaine, l’Afrique du Nord donne 3 Papes à l’Eglise : Victor 1er (II e siècle), Miltiade (IVe) et Gelase (Ve).

La présence de communautés chrétiennes en Algérie est attestée dès le IIème siècle, à travers notamment Tertullien. Mais la grande figure de cette Eglise est surtout Saint Augustin (IVe siècle). La présence chrétienne va pour ainsi dire disparaître entre le VIIème et le XIIème siècle. C’est par le truchement de la présence de chrétiens étrangers, principalement des marchands, que le christianisme refait surface en terre algérienne.

Et c’est au XIXème siècle que l’on voit la toute première implantation de moines cisterciens en Algérie, dans les années 1840, à Staouëli, à une trentaine de kilomètres d’Alger. Cette implantation monastique ne dure pas. En 1904, le monastère est fermé. Les moines se réfugient alors en Italie, à Maguzzano. Et c’est une deuxième communauté qui arrive en 1937 et s’installe à une centaine de kilomètres au sud d’Alger près de Médéa. Le domaine agricole de Tibhirine devient l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas.

Durant la guerre d’indépendance, la communauté se trouve « entre deux feux ». En 1959, deux frères (dont F. Luc) sont victimes d’un enlèvement puis relâchés. L’indépendance redessine le visage de l’Eglise d’Algérie qui perd la quasi totalité de ses membres. Quelle présence alors pour Tibhirine, communauté monastique chrétienne en terre d’Algérie ? L’abbé général de l’Ordre cistercien signe le décret de fermeture contre l’avis du cardinal Duval, évêque d’Alger. Son décès empêche la concrétisation de cette mesure.

L’esprit d’ouverture du concile Vatican II souffle. L’Eglise d’Algérie fait entendre sa voix : ‘Si les moines s’en vont, nous ne pouvons pas tenir.’ Le sens d’une présence chrétienne en pays musulman ressurgit, dans la foulée de ce qu’avait pressenti un Charles de Foucault : être priants au milieu d’autres priants. Le monastère (qui perd son rang d’ « abbaye ») repart sur de nouvelles bases. Jusqu’à l’indépendance, en 1962, le domaine était exploité sur plus de 350 hectares. La plus grande partie des terres est cédée à l’état algérien : il reste 14 hectares.

La communauté, disparate, se stabilise peu à peu. Des frères venus simplement « pour aider » une autre Trappe, sont remplacés par d’autres frères, motivés par une vocation commune : être moines en terre d’Islam.

En 1984, frère Christian de Chergé est élu prieur. Sa connaissance de l’arabe et de la culture musulmane, son envergure spirituelle, conduira la communauté à son mûrissement. Un rapport tout différent s’établira avec les villageois d’alentour. Une salle de prière leur est prêtée à l’intérieur même du monastère. L’agriculture est menée en ‘association’ avec trois voisins. Et toujours, le dispensaire du frère Luc accueille ceux qui se présentent…

sens presence tibhirine vierge

Dans les pas de St Bernard de Clairvaux et de sa piété mariale, ce monastère cistercien, commencé à Staouëli et continué à Tibhirine, a donné deux statues de Marie à l’Algérie. Ainsi, à travers Marie et par ces deux dons, signes de leur don ultime, ils continuent à être présents et à accompagner l’Eglise d’Algérie.

Voici les commentaires que fait le Père Jean-Pierre Flachaire, prieur de Notre Dame de l’Atlas à Midelt, le 5 mars 2005, sur ce mystère de la Visitation :

Je voudrais revenir un moment sur cette parole de Christian que je vous ai citée au début de mon partage : Que ce mystère de la Visitation est une fête "quasi patronale" de Notre-Dame de l'Atlas… J'ai fait quelques recherches. Voici ma conclusion. Dans son homélie du 31 mai 1993, Christian précise que c'est "peut-être sous l'inspiration de Frère Charles, que les premiers moines de l'Atlas ont fait de cette fête, une fête "quasi patronale"". En effet, nous savons par de nombreux textes, que c'était déjà une intuition forte du Père de Foucauld. Et, à ma connaissance, l'ermite de Tamanrasset, est le premier à avoir compris que c'est ce "mystère" que nous avons à vivre en terre d'Islam.

Extrait d'une conférence donnée par le Père Abbé d'Aiguebelle, Frère André, à Lyon, le 11 avril 2006 

"Les frères ont souvent réfléchi sur le sens de leur présence priante en terre d'Islam au milieu de ce peuple. C'est dans le mystère de la Visitation de Marie que le Père Christian de Chergé puise le sens de cette présence dans un texte encore inédit qui est inséré dans la retraite prêchée à des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie au Maroc en 1990 sur ce mystère de la Visitation :

L’Eglise restera en Algérie quoi qu’il arrive. Même si les Français décidaient en conscience de rentrer, l’Eglise ne quitterait pas le pays. Car l’Eglise n’est pas française. Et moi, comme évêque d’une Eglise en Algérie, je reste. Nos sangs sont mêlés dans la violence. Jésus s’est posé sur ces lignes de fractures de l’humanité. Il est mort là. C’est le sens de la croix.
Monseigneur Claverie, évêque d'Oran

sens presence vierge tibhirineDans une lettre circulaire envoyée le 21 novembre 1995 de Tibhirine aux parents et amis de Notre Dame de l'Atlas (cité dans Sept vies pour Dieu et l'Algérie), la communauté précise les choix qui ont guidé sa décision de ne pas quitter l'Algérie malgré la violence qui y sévit. Leur statut monastique s'y retrouve très clairement :

" - PRESENCE : Assurer une PRESENCE, non pas missionnaire apostolique, mais contemplative et priante en milieu musulman, grâce à une communauté stable, unie, fraternelle, laborieuse (avec les associés). PRESENCE discrète, mystérieuse, séparée du monde et en communion avec les personnes, humblement attentives aux besoins matériels et spirituels de ceux qui nous entourent. "Portant le fardeau des uns et des autres ... participant ainsi aux souffrances du Christ et à la mission de l'Eglise ... avec l'espérance du Royaume" (Const. 3)".

histoire nd atlas cte tibhirineC’est au XIXème siècle que l’on voit la toute première implantation de moines cisterciens en Algérie, le 20 août 1843, à Staouëli, à 17 kilomètres à l'Ouest d’Alger. Cette implantation monastique va durer une soixantaine d'années. Le Père de Foucauld viendra réfléchir sur son érémitisme à Staouëli en septembre 1896.

En 1904, anticipant la loi d'expulsion des communautés religieuses de France, le monastère est fermé. Les moines se réfugient alors en Italie, à Maguzzano.

Et c'est une deuxième communauté qui arrive en 1934 et qui aprés une première implantation (vers le col de Ben Chicao) choisit  en 1937 de s'installer à une centaine de kilomètres au sud d’Alger près de Médéa. Le domaine agricole de Tibhirine devient l’Abbaye Notre-Dame de l’Atlas.

nd atlas saints fondateurs citeauxLes cisterciens de la stricte observance sont connus en France sous le nom de Trappistes, du  nom du monastère de la Trappe.

La vie trappiste est une forme de vie religieuse de type monastique, vécue sous la règle de Saint Benoît (Vème siècle), père des moines en Occident.

La vie trappiste se caractérise principalement par une vie volontairement menée à l'écart du monde, afin de favoriser ce qui en constitue le coeur : la prière. Celle-ci rythme la journée du moine qui se rend à l'église sept fois par jour pour l'office de la louange. Elle se nourrit de la Parole de Dieu. Chaque jour, le moine se met à son écoute à travers une lecture priante (lectio divina) de la Bible. C'est un chemin de purification du coeur et d'humilité.

En plus de l'office et de la lectio divina, c’est aussi une vie de travail (environ six à huit heures par jour, plutôt manuel).

Horaires d'hiver de la Trappe affichés dans le monastère pour les jours de semaine

histoire video la trappe

  • 3h45 : Lever/Vigiles (à 4h), Oraison, lectio
    Petit déjeuner

  • 7h30 : Laudes (puis vaisselle), Tierce au chapitre, Travail, lectio

  • 12h00 : Eucharistie concélébrée (sauf le jeudi)
    12h30, le jeudi, Sexte à la Chapelle

  • Vers 13h00 : Repas (après l'angelus), vaisselle....

  • 14h45 : None, Travail .... lectio

  • 18h00 : Vêpres, oraison
    18h00, le jeudi, Eucharistie et Vêpres intégrées

  • 18h45 : Repas... Chapitre
    19h30, le jeudi, Exposition du Saint Sacrement et adoration libre

  • 20h00 (environ) : Complies, angelus du soir, repos

Il y a eu plusieurs chapelles au monastère de Tibhirine

  • le bâtiment qui a des cloches ;
  • dans l’agrandissement du monastère : la très grande pièce avec des stalles en bois, des photos montrent des célébrations dans ce lieu, salle qui sert aujourd’hui de lieu de séchage pour la lavande et le tilleul
  • à l’hôtellerie là où des vitraux de couleur ont été posés.
  • il y en a eu une, sans doute un temps, dans la salle du chapitre : il y a les traces d’un tabernacle
  • dans le chai (chapelle actuelle)
  • au moment de très grands froids quand le monastère n’était plus chauffé nous avons parfois célébré la messe dans la salle d’accueil de l’hôtellerie et/ou dans la pièce qui servait de sacristie près de la chapelle.

Histoire, mobilier et vitraux

C'est devant cette icône, écrite par Soeur Françoise en 1986, suivant les indications de Père Christian alors supérieur de la Communauté, que les Frères ont prié dans leur chapelle en Algérie jusqu'au jour de l'enlévement dans la nuit du 26 au 27 mars 1996.

Le CHRIST, représenté en majesté dans "le geste invaincu de l'Amour embrassant le monde" en habit blanc qui évoque la Transfiguration et drapé de rouge pour signifier sa royauté, les yeux ouverts, les mains tournées vers le haut et tenues par des étoiles de lumière symbolisant son amour pour tous les hommes, est montré ressuscité comme écrit sur l'écriteau (en arabe) : "Il est ressuscité"

"C'est l'amour, et non les clous, qui le tenait fixé à ce gibet que nous lui avions taillé." (Père Christian de Chergé)

© Oeuvre originale de Soeur Françoise MENETRIER 

A lire : "La Croix de Tibhirine", un article de Anne-Noelle CLEMENT

L’absence de Dieu conduit à la déchéance de l’homme et de l’humanisme. Mais où est Dieu ? Le connaissons-nous et pouvons-nous Le montrer de nouveau à l’humanité pour fonder une vraie paix ? (Benoit XVI, Assise, 27 octobre 2011).

christianisme islam ancone tu es mon ami

L’expérience singulière conduite à Notre-Dame de l’Atlas constitue aujourd’hui une grande source d’inspiration pour les relations entre les chrétiens et les musulmans.

La Communauté de Tibhirine pratiquait une vie de prières et de travail, comme dans tous les monastères du monde qui suivent la Règle de Saint Benoit et sa devise « Ora et Labora ». Par ailleurs, certains moines de la Communauté avaient institué un Lien de Paix ou « Ribât el Salam ». Afin de mettre à l’épreuve leur relation à Dieu dans et par la prière, ce « Lien de Paix » permettait à certains chrétiens d’Algérie de rencontrer des musulmans, principalement des soufis.

Ce "Lien de Paix" ou "Ribât el Salam" fut fondé par le Père Claude Rault et par Christian de Chergé en 1979, avec l'aide deux pères Blancs. Leur projet commun : approfondir leur vie spirituelle en Algérie en accueillant ce que leur foi en Jésus-Christ peut accueillir de l'expérience religieuse de leurs amis musulmans. Ribât el Salam est le nom de l'association qui se crée ainsi d'abord uniquement de chrétiens. Il signifie Lien de Paix. Le monastère devient le lieu régulier des rencontres, tous les six mois.

Un groupe de Soufis que Frère Jean-Pierre avait rencontré au départ à Médéa demande à rentrer dans le mouvement. Ils faisaient partie d'un groupe soufi appelé "Alaouisme". Ils venaient alors en début d'après midi du Vendredi alors que le Ribât el Salam commençait lui le jeudi soir et se terminait le samedi matin (temps du week-end en Algérie).

Comme à Assise le 27 octobre 2011, la première partie se passait en silence dans le salon de l'hotellerie. Puis, quand arrivait l'heure de la prière des musulmans, ils se retiraient dans une pièce à côté pour leur prière officielle, pendant que les chrétiens se rendaient à la chapelle. A leur retour, ceux qui le désiraient pouvaient parler de la manière dont ils avaient vécu dans leur quotidien, une parole, qui était choisie dans la tradition musulmane ou chrétienne, lors de la rencontre précédente.

Ce "Lien de Paix" avait pour fondement la prière. Ainsi, s'exprimait le prieur de Tibhrine : "Les appels à la prière ne peuvent me laisser indifférent. Il n'y a que Dieu qui puisse appeler à la prière. Ici, à Tibhirine, je comprends mieux que tous sont appelés, que l'homme a été créé pour cette louange et cette adoration. Et c'est bien la prière qui m'aide à donnr à chacun de mes frères sa juste place, par delà un vivre ensemble souvent éprouvant. Elle me permet de mieu pressentir les convergences malgré la distance, et les complémentarités malgré les différences" (L'invincible Espérance, p 172-173).

Voir "Service national pour les Relations avec l'Islam ( SRI ) de l'Eglise de France" : http://www.relations-catholiques-musulmans.cef.fr/home

"Petit Traité de la rencontre et du Dialogue",  lire le point de vue de Mgr Claverie 

"Ribât el Salam", lire l'entretien avec Mgr Claude RAULT, évêque de Laghouat (Algérie)

Pierre Claverie, Petit Traité de la Rencontre et du Dialogue, Paris, Cerf, 2004, p. 35-36 :

"Nous sommes en très grande difficulté. Pourquoi ? Parce que le point de départ de nos rencontres (islamo-chrétiennes) était ce qui était appelé les bases communes avec les musulmans. Voyons, nous croyons en Dieu, ils croient en Dieu ; nous avons un Dieu qui s’est révélé, ils ont un Dieu qui s’est révélé, un Dieu qui est tout puissant, nous disons Dieu est tout puissant, etc ; etc. Tous les concepts étaient alignés les uns et les autres. Nous disons : « Voyez, nous avons des bases communes. » C’est FAUX. Complètement faux !

Témoignage de Mgr Claude Rault, Père Blanc, évêque de Laghouat (Algérie)
(La Croix 6 septembre 2010)

ENTRETIEN RECUEILLI PAR Frédéric Mounier

Très proche du Frère Christian de Chergé, Mgr Rault, « l’évêque du Sahara », poursuit l’expérience de dialogue islamo-chrétien qu’ils avaient fondée ensemble en 1979.

En 1979, vous avez cofondé, avec le Frère Christian de Chergé, un groupe de réflexion islamo-chrétien, Ribât-el-Salam (« Le lien de la paix »). Dans quelles conditions ?

La communauté de Tibhirine a traversé, depuis son installation en 1938, bien des périodes difficiles, mais sa présence a toujours pu être sauvegardée jusqu'à ces années 90.

Aperçu sur la situation en Algérie

En février 1989, un changement structurel important intervient en Algérie. Une nouvelle constitution est adoptée, marquant la fin du monopole politique du FLN (Front de Libération Nationale), et instaurant la liberté d'expression. Révolution pour le peuple, et occasion pour les voix islamistes bien décidées à se faire entendre à travers de nouveaux partis politiques, et les premières élections libres... Les élections municipales voient la victoire du FIS (Front Islamique du Salut). La situation du monastère, malgré quelques discours d'exclusion, reste bien ancrée et acceptée au sein de la population locale, et les frères sont dans un souci constant de partage et de collaboration avec le voisinage.

Aussi, lorsqu'en 1992 une flambée de violence commence à embraser la capitale algérienne, suite à des manœuvres politiques, les frères vibrent à ces événements. La vie continue avec ses gestes de partage, mais « les temps restent difficiles à vivre : barrages, perquisitions, attentats ; fusillade l’autre jour, à un arrêt de bus, etc … » (diaire de la Communauté du 18 mai 1993).
Peu à peu, l'Algérie s'enfonce dans une guerre civile, et les groupes islamistes armés lancent un ultimatum aux étrangers afin qu'ils quittent le pays. L' Algérie est mise à huis clos. Dès la fin de l'ultimatum, des étrangers sont assassinés. Le 14 décembre 1993, un groupe armé massacre douze croates sur un chantier tout proche du monastère. La communauté est profondément bouleversée.

Après l’ultimatum du G.I.A. du 1er  décembre 1993

Quelques jours plus tard, la nuit de Noël, ce même groupe armé pénètre dans le monastère. Son chef pose plusieurs exigences. Après discussion avec frère Christian, ils repartent promettant de revenir. Les frères sont saufs, mais la communauté se trouve désormais prise en étau entre, d'une part, les «  frères de la montagne », les islamistes, et d'autre part, les « frères de la plaine », les militaires. Aidés dans le discernement par Mgr Teissier, les frères imaginent d'abord un départ progressif, mais sans être vraiment en paix avec cette option. S'affirme alors rapidement entre tous le désir de rester ensemble, tout en prenant des dispositions pour écarter ce qui s'apparenterait à un suicide collectif. C'est dans ce laps de temps que frère Christian écrit son testament spirituel : "Quand un A-Dieu s'envisage". 
Et tandis que la litanie des assassinats continue de dresser la liste des “mécréants” aux yeux des islamistes, les voisins s'inquiètent et manifestent leur attachement à la présence fraternelle et rassurante de la communauté.
Les frères vont continuer la vie monastique, dans cette conscience d'une « mission de respiration », de priants (Thomas Merton). Elle consiste à garder vive l'espérance, comme Marie au pied de la croix, à l'écoute de la Parole de vie, dans l'obéissance de la foi, et dans la liberté des enfants de Dieu. C'est ce que les frères vont vivre, manifestant ainsi ce pouvoir qui demeure et rend libre quelles que soient les situations: « choisir ce qui nous est imposé » (frère Christian).

L’enlèvementhistoire tibhirine atlas

Au cours de la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines furent enlevés par un groupe armé. Leur enlèvement fut revendiqué par la faction radicale du G.I.A. (Groupe Islamique Armé) dans un communiqué en date du 18 avril 1996 et publié le 27 avril. Dans un second communiqué, en date du 23 mai, le G.I.A. annonçait qu’ils avaient été exécutés le 21 mai. Le 30 mai, leurs têtes étaient découvertes à côté de Médéa.

La messe des funérailles fut célébrée à Alger le samedi 2 juin et ils furent enterrés au cimetière de leur monastère à Tibhirine, le lundi 4 juin 1996.

Enquête judiciaire sur l'enlèvement et la mort des moines

En  2003 une plainte contre X a été déposée en France par des membres de la famille de Frère Christophe et par Dom Armand Veilleux (procureur de l’Ordre cistercien de stricte observance au moment des évènements) ; cette plainte est en cours d’instruction par le juge Marc TREVIDIC, assisté de la juge Nathalie Poux.

Le point de vue de Dom Armand Veilleux ( mars 2011) : en savoir plus

De nombreuses auditions de témoins côté français ont été menées. Suite à la demande par une commission rogatoire internationale du Juge Trévidic en décembre 2011 de pouvoir auditionner des témoins côté algérien et de pratiquer les nécessaires autopsies, la justice algérienne a nommé un juge d'instruction mi-2013. Après une première rencontre à Alger en novembre 2013, le Juge Trévidic est invité à pouvoir se rendre à Tibhirine pour pratiquer les autopsies, sous l'autorité du juge d'instruction algérien, et à pouvoir effectuer les prélèvements nécessaires pour les besoins de son instruction côté français. Repoussées deux fois, ces autopsies ont eu lieu du 14 au 16 octobre 2014.

Le Juge Trévidic était accompagné de quatre experts français (un généticien, un médecin-légiste, une anthropologue et un radiologue). Simples observateurs lors de l’autopsie, ces experts français ont néanmoins contribué à l’exhumation et à l’analyse des dépouilles des 7 moines enterrés dans le petit cimetière monastique de Tibhirine. Malgré le refus inattendu des autorités algériennes pour que le Juge Trévidic reparte avec les prélèvements effectués à son intention, ces experts ont produit des conclusions à partir de ce qu’ils ont vu, photographié sur place et radiographié. Une restitution aux familles de moines a pu se faire le 2 juillet 2015.

Il en ressort que les moines ont sans doute été égorgés, que leur mort serait antérieure à la date du 21 mai (date du Communiqué du GIA annonçant leur décès), enfin que leur décapitation serait post-mortem. De plus, aucun élément observé sur les crânes ne laisse penser à un passage de projectile. Faute d’analyses contradictoires des prélèvements effectués, le Juge Trévidic a réitéré, par une Commission Rogatoire Internationale, auprès des autorités judiciaires algériennes, son souhait de pouvoir les réaliser au plus vite. Il a pu exprimer également son souci, partagé par les experts, que les prélèvements soient bien conservés en Algérie. Enfin, il n’a pu être procédé aux analyses ADN.

Le Juge et les experts ont confirmé que ces exhumations se sont déroulées dans le respect des dépouilles des moines. Les ré-inhumations ont été accompagnées d’une cérémonie religieuse et par la lecture du Testament du Père Christian.

La semaine suivant le déplacement du Juge Trévidic en Algérie, le juge algérien est venu en France auditionner Messieurs Le Doaré (ex-DGSE) et Marchiani. Malgré ses demandes, le Juge Trévidic n’a pu, à ce jour, procéder à l’audition d’une vingtaine de témoins en Algérie.

En 2016, après la mutation du Juge Trévidic, c'est la Juge d'Instruction Nathalie Poux qui a repris le dossier. Elle a pu le 8 juin 2016 aller en Algérie avec trois experts afin de rapatrier les doubles des prélévements conservés en Algérie jusqu'à présent. Ces éléments ont fait l'objet d'analyses par les experts français. Le rapport final d'expertise (mars 2018) donne, pour l'essentiel, les éléments suivants:  Les analyses ADN confirment qu'il s'agit des têtes des 7 Frères, des traces d'égorgement ont bien été relevées, la décapitation a eu lieu aprés la mort sans qu'il soit possible de déterminer le nombre de jours, la date de la mort est antérieure au 21 mai 1996 de plusieurs jours voire semaines.

La page de la présence monastique au Maghreb ne s'est pas définitivement tourné le 27 mars 1996.

Grâce au « petit reste » de la Communauté de Tibhirine, Père Amédée et Père Jean Pierre, grâce aux Frères de Fès, grâce à d’autres, venus s’inscrire dans le message et l’action des Frères,  Notre Dame de l’Atlas est toujours présente au Maroc et le lieu Tibhirine toujours vivant où une petite communauté du Chemin Neuf s'est implantée en 2016. 

La situation actuelle en ces deux points est détaillée dans Tibhirine aujourd'hui et N.D. de l'ATLAS au MAROC

Père Amédée (Jean Noto)

petit reste amedee

Né en Algérie en 1920, Père Amédée entre d’abord chez les Pères Blancs puis rejoint en mai 1946 la Trappe Notre Dame de l’Atlas à Tibhirine ; il était le plus ancien de la Communauté, précédant de quelques mois Frère Luc.

Dans le monastère, il est assez vite chargé de la buanderie, tâche qu’il conservera, y compris dans ses dernières années au Maroc. Il avait pris la nationalité algérienne et parlait l’arabe dialectal. Formé comme infirmier  par Frère Luc, il put maintenir un minimum de soins au dispensaire lors des deux absences importantes de Frère Luc dans les années 60.

petit reste ete 2006Père Jean Pierre Schumacher

Lorrain, né en 1924, il fit partie des « malgré eux » mobilisés dans l’armée allemande pour aller sur le front russe. Une tuberculose « providentielle » lui évita cela, et  il sera le seul survivant de son unité.

En 1957, il rentre à l’abbaye de Timadeuc ; c’est là qu’en 1964 il répond à l’appel initié par Mgr Duval et Dom Jean de la Croix, abbé d’Aiguebelle,  et rejoint Tibhirine.

Le monastère Notre Dame de l’Atlas n’était pas isolé dans sa montagne. Il y avait bien sûr les nombreuses visites des voisins musulmans, visites au dispensaire mais aussi visites amicales, parfois occasions d’échanges spirituels. Mais aussi, poumon d’oxygène de l’Eglise d’Algérie, beaucoup de chrétiens venaient s’y ressourcer, trouver conseil ou simplement s’y reposer.

Religieux et laïcs du Diocèse le fréquentaient donc régulièrement et beaucoup avaient des relations fraternelles et amicales avec les Frères. Mais si les hôtes s’en revenaient revivifiés, les Frères étaient aussi confortés dans le sens de leur présence par leurs visiteurs.

Il n’est pas possible d’évoquer tous les amies et amis fidèles mais cinq d’entre eux, par la part qu’ils ont prise à la vie, et parfois à la survie du monastère, méritent d’être associés aux Frères dans ce site. Il sont présentés dans les pages suivantes.

Cardinal Léon-Etienne DUVAL, pour en savoir plus

Père Gilles NICOLAS, pour en savoir plus

Père Joseph CARMONA, pour en savoir plus

Père Robert FOUQUEZ, pour en savoir plus 

Monseigneur Henri TEISSIER, pour en savoir plus

petit reste cardinal duval Né en 1903 à Chénex (Haute Savoie), ordonné prêtre dans le diocèse d’Annecy, il était vicaire général à Annecy en 1947 avant d’être nommé évêque de Constantine en Algérie.  Puis, il devint archevêque d’Alger en 1954, élevé au cardinalat en 1965 et, la même année, obtint la nationalité algérienne.

petit reste noel 87 thibirine Curé de Médéa de 1978  à 1997, il fut très proche des Frères et vécut prés d’eux et avec eux beaucoup des évènements dramatiques de ces années, particulièrement les dernières.

Né en 1936, ingénieur de l’école Centrale de Paris, il fait son service militaire comme lieutenant dans l’Ouest de l’Ouarsenis.

Il y découvre l’Algérie et décide, pendant ses études théologiques, accomplies au Grand Séminaire d’Issy les Moulineaux, de demander l’incardination dans le diocèse d’Alger.

Ordonné à Paris le 25 juin 1966, il part pour Alger rejoindre son diocèse, en septembre 1966.

petit reste carmona et ses chanteurs Né à Oran, le 15 mars 1917, dans une famille nombreuse d’origine espagnole, il est ordonné prêtre à Alger en 1947. Il exercera son ministère dans plusieurs paroisses d’Alger ou périphérie ; d’abord vicaire à Bab El oued, puis à Hussein Dey, il est, en 1949, curé de l’Arbaa où il nouera des amitiés très fidèles avec les jeunes de ce village.

Le Père Robert Fouquez est un ermite bénédictin qui a longtemps vécu seul dans la montagne du Tamesguida. Il y exercait une activité d'apiculture à laquelle il a formé de jeunes algériens du voisinage.

Monseigneur Henri Teissier, né à Lyon en 1929, fut ordonné prêtre à Alger en 1955. Nommé évêque d’Oran en 1973, puis coadjuteur à Alger du Cardinal Duval à partir de 1981, c’est en 1988 qu’il succède à ce dernier à l’archevêché d’Alger.

De 1988 à 2008, il fut donc le Pasteur du diocèse d’Alger,

Les ravisseurs  pensaient qu’il n’y avait que 7 moines confortés en cette idée par M. le gardien (qui contribua ainsi à sauver les survivants).

Mais en fait ils « oublièrent » non seulement les Pères  Amédée et Jean-Pierre mais aussi le groupe des membres du Ribat présents à Tibhirine ce soir là : des prêtres et religieux dans les chambres de la deuxième partie du couloir des cellules des Frères et des religieuses à l’Hôtellerie.

Tout le monde fut redescendu à Alger encadré par la gendarmerie, mais Tibhirine ne fut pas pour autant désert.

Dans les mois qui suivirent la mort des Frères, plusieurs moines trappistes furent volontaires pour essayer de reconstituer une communauté autour du « petit reste » d’Alger : Père Amédée. Ils venaient d’Espagne –F. Ventura- , de Pologne –F Mikaël, dominicain d’origine- , du Chili –F Francisco- , de France (Aiguebelle) –F Jean Pierre Flachaire - et France (Tamié) –F Jean Michel-. L’abbé d’Aiguebelle, Dom André Barbeau, les reçoit, organise leur installation en Algérie et va régulièrement les visiter.

Ces 6 moines, dont les stabilités ne sont pas à  N.D. de l'Atlas (sauf P Amédée), sont considérés à ce stade comme une cellule détachée de l’abbaye d’Aiguebelle. L’annexe de Fés porte désormais seule le nom de  prieuré N. D. de l’Atlas ; P Jean Pierre Schumacher ayant atteint la limite d’âge, P Jean Pierre Flachaire en est élu supérieur. F. Jean Claude, moine de Cîteaux, renforce alors le groupe d’Alger et en assure la charge.

Aprés l’arrêt de la tentative de réinstallation d’une Communauté Trappiste (1998-2001), le Diocèse d’Alger demanda, d’abord pour un an, au Père Jean Marie Lassausse, d’assurer la gestion et l’organisation de la petite ferme du monastère, et une présence progressive sur les lieux pour garder les relations excellentes des frères avec la population du village. Cette mission fut très vite reconduite, élargie et devint une responsabilité complète.

Mars 2017 : Une nouvelle page s'est ouverte dans l’histoire déjà riche du monastère de Tibhirine.

Elle est écrite par la Communauté du Chemin Neuf et nous vous en livrons les grandes lignes: 

Mars 2017

Dans ce lieu de prière et de mémoire, nous voulons  poursuivre l’accueil des chrétiens du pays ou étrangers pour des temps de silence et retraite spirituelle, le travail de l’exploitation agricole en lien avec les voisins du village, et aussi l’accueil des visiteurs. L’Eglise catholique en Algérie, en accord avec l’Ordre des Moines Cisterciens, a confié Le monastère depuis le 15 août 2016 à la Communauté du Chemin-Neuf. (cf site : www.chemin-neuf.org)

Nous sommes une fraternité, avec un prêtre parmi nous,  et  nous attendons d’autres membres de la communauté avant septembre 2017, dont un second prêtre. Confiant dans la Fidélité de Dieu, nous espérons approfondir l’héritage spirituel des moines de Tibhirine, pour en vivre et le partager à tous.

Celui qui pratique la charité au nom de l’Eglise ne cherchera jamais à imposer aux autres la foi de l’Eglise. Il sait que l’amour, dans sa pureté et sa gravité, est le meilleur témoignage du Dieu auquel nous croyons et qui nous pousse à aimer.

Benoit XVI, dans son Encyclique « Deus caritas est »

beatification lys

Le 13 novembre 2005, le Père de Foucauld était béatifié par Benoît XVI à l’issue d’un long processus initié en 1927 et terminé sous l’égide de Mgr Claude Rault, évêque de Laghouat en Algérie et grand ami de la communauté de Tibhirine.

De même, Mgr Teissier, archevêque d’Alger a souhaité introduire la cause de la béatification des 19 religieux victimes des violences en Algérie entre 1994 et 1996 dont les 7 moines de Tibhirine.

S’ils sont restés au milieu de la violence de la guerre civile qui ravageait l’Algérie et notamment la zone de Médéa et de Chréa où était situé le monastère Notre Dame de l’Atlas, c’est bien pour continuer à servir et à prier hic et nunc. Prier, car la prière est consubstantielle à la vie monastique. Elle rythme la journée et la nuit avec les 7 heures monastiques. Servir, car la charité est, comme le souligne St Paul, la première des vertus. « ubi caritas, deus ibi est » répétait souvent le Père Christian de Chergé dans ses réflexions sur le fait de rester. Servir au dispensaire, servir dans le travail de la terre avec leurs associés algériens, servir dans l’accueil et l’écoute. 

En décidant ainsi de rester malgré l’adversité, en se confiant à la Providence, ils ont suivi les traces d’un Père de Foucauld, d’un Maximilien Kolbe, de ces « martyrs de la charité » pour reprendre la belle expression du pape Jean-Paul II. « N’y a-t-il pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ? ».

A ce sujet, il convient ici de préciser que « martyr » vient du grec et a pour première signification « témoigner ». Cette communauté, sur cette terre souffrante d’Algérie, a témoigné de la vertu de foi et de la vertu de charité, dans une espérance chevillée au corps. Elle a ainsi perpétué ce que depuis 1500 ans les moines font à travers le monde et dans l’histoire : servir l’humanité par la prière en s’associant au sacrifice rédempteur du Christ.

1 - Définitions : bienheureux et saints ; martyrs et confesseurs

Si Dieu seul est saint, la lumière de Dieu peut être reflétée comme la lune reflète la lumière du soleil, si l’on est suffisamment transparent à la vie du Christ en nous par l’Esprit Saint. La lune n’émet pas mais diffuse, réfléchit, transmet la lumière solaire, seule source dans le Père. Nous adorons Dieu seul mais vénérons les saints. Un saint est donc quelqu’un qui, non seulement est certainement au Paradis à contempler dans son âme Dieu face à face, mais en plus est digne d’être imité. Il est encore un intercesseur efficace auprès de Dieu pour nous les vivants en chemin vers Lui, permettant d’obtenir de Dieu grâces et faveurs. « Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis, s'il plaît à Dieu, notre Père à tous deux » (Testament spirituel de Christian de Chergé).

beatification signet 19 martyrsDe 1994 à août 1996 , comme les 7 frères de Tibhirine, 12 autres religieuses et religieux ont donné leurs vies. Toutes et tous, ainsi que beaucoup d’autres heureusement toujours en vie, avaient fait le libre choix en ces années noires de rester fidèles à l’Eglise d’Algérie et à leurs amis et voisins algériens.

Le diocèse d’Alger a engagé un processus de béatification englobant ces 19 martyrs de la même cause. Ils sont indissociables et cette page a pour objet de les présenter en s’appuyant sur les textes et photos d’une plaquette réalisée par le diocèse d'Alger et le Frère Giovanni Bigotto.

Ces 19 martyrs de l’Eglise d’Algérie étaient tous passionnés de leur Eglise, dont ils étaient des serviteurs zélés et effacés, passionnés aussi de l’Algérie et de son peuple où ils avaient tissé leurs amitiés. Humbles et doux, le Seigneur rayonnait dans leur coeur, dans leur vie, dans leur silence. Ils témoignent d’une foi décantée, limpide, la foi de ceux qui préparent dans la prière et la présence l’espace du dialogue.

Communiqué des évêques d'Algérie

Notre Eglise est dans la joie. Le Pape François vient d’autoriser la signature du décret de béatification de "Mgr Pierre Claverie et ses 18 compagnes et compagnons". La grâce nous est donnée de pouvoir faire mémoire de nos dix-neuf frères et sœurs en qualité de martyrs, c’est-à-dire, (selon le sens du mot lui-même), de témoins du plus grand amour, celui de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Devant le danger d’une mort qui était omniprésent dans le pays, ils ont fait le choix, au risque de leur vie, de vivre jusqu’au bout les liens de fraternité et d’amitié qu’ils avaient tissés avec leurs frères et sœurs algériens par amour. Les liens de fraternité et d’amitié ont ainsi été plus forts que la peur de la mort.

  • Témoignage de la Tarîqa ‘Alâwiyya, à l'occasion de l’annonce de la béatification des dix-neuf religieux et religieuses d’Algérie - Magazine Rencontre - La semaine religieuse d'Alger - mai 2018.

"J'aimerai que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent que ma vie était DONNEE à Dieu et à ce pays."  Testament du Père Christian de Chergé.

Communiqué des évêques d'Algérie

La célébration de la Béatification de Monseigneur Claverie et de ses 18 compagnons aura lieu le samedi 8 décembre 2018, Solennité mariale, en la Basilique de Santa Cruz à Oran. C'est avec grande joie que nous vous communiquons cette bonne nouvelle pour notre Eglise d'Algérie.

LIRE l'ICONE des BIENHEUREUX

"Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis" - Jn 15.9

- Le Christ se penche depuis les nuées et bénit ses enfants d'Algérie. Il fait pleuvoir les "couronnes de vie" Ap. 2,10 car "heureux homme, celui qui supporte l'épreuve! Sa valeur une fois reconnue, il recevra la couronne de vie que le Seigneur a promise à ceux qui l'aiment." Jc 1,12

- En haut à droite, Mg Pierre Claverie bénit ses compagnons. Le dôme de la basilique Santa Cruz nous rappelle qu'il est évêque d'Oran.

"Réjouissez-vous car vos noms sont inscrits dans les cieux".

Comment lire  l'image de la grande bannière qui a été déployée à Oran le 8 décembre 2018

Retrouver les indications liturgiques pour  la célébration des nouveaux bienheureux,  sur le site OCSO 

L'Eglise a institué le 8 mai comme la fête des Bienheureux 19 martyrs de l'Eglise d'Algérie, dont les 7 moines de Tibhirine.

Le monastère Notre Dame d'Aiguebelle, maison mère de Notre Dame de l'Atlas, a célèbré une messe en l'honneur des Frères martyrs, en lien avec les autres Bienheureux, le samedi 8 mai  2021.

Lire l'Homélie de Père Mikael

La communauté de l’Atlas avait fondé en 1988, à Fès au Maroc, à la demande de l’évêque du lieu, une petite communauté annexe à Tibhirine. Après la décision douloureuse de remettre le monastère de Tibhirine en 2001, à l’évêché d’Alger, Notre-Dame de l’Atlas s’est donc définitivement repliée au Maroc. Voir le chapitre Notre-Dame de l'ATLAS.

Tibhirine, entre 2001 et 2016, est confié à un prêtre de la Mission de France, le père Jean-Marie Lassausse ; il exploite avec les voisins algériens les terres du monastère, célèbre régulièrement la messe à la chapelle, est en lien avec le village et reçoit les visiteurs qui affluent régulièrement pour venir rendre hommage aux frères dont les restes ont été déposés au cimetière du monastère.

Et depuis le 15 août 2016, c'est la communauté du Chemin Neuf qui écrit une nouvelle page dans l'histoire du monastère. Une petite fraternité s'est installée à Tibhirine, espérant approfondir l'héritage spirituel des moines, pour en vivre et le partager à tous.

TIBHIRINE, LIEU DE PARTAGE ET D’ECOUTE (Conférence de Fr Yves aux journées de la culture cistercienne) - 8-10 mai 2026


Chers frères et sœurs, chers amis de Cîteaux et de ces journées cisterciennes,
Merci de m’avoir permis de participer à vos journées
Permettez-moi d’essayer, en quelques minutes, de vous plonger dans le quotidien du Monastère de Tibhirine en 2026, soit 10 ans après notre arrivée là-bas.


Le 15 Août 2016, la Communauté d Chemin Neuf arrive donc au monastère de Tibhirine pour prendre le relais de celui qui, pendant 15 ans, a conservé et entretenu ce monastère, le jardinier de Tibhirine, P Jean-Marie LASSAUSSE et de ceux qui, durant des périodes plus ou moins longues, l’ont assisté. Avec Youcef et Samir, salariés depuis 1999, nous continuons l’entretien du verger et ils nous permettront de tisser les premiers liens avec nos voisins du hameau.
En effet, au nom des moines, Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger, nous confie la mission de redonner une vie régulière de prière à ce lieu, d’entretenir l’ensemble des 14 hectares, bâtiments et verger/potager avec environ 1 200arbres fruitiers, ainsi que d’accueillir les personnes qui frappent à la porte pour se recueillir sur les tombes, pour visiter les lieux, et pour répondre à leurs questions.