Frère Christian
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Frère Paul
La nuit de PAQUES... laissons-nous prendre aux mots
Frères et Sœurs, comment, par une nuit si noire, en sommes-nous arrivés là : peuple tout illuminé ? C'est la Flamme qui nous a conduits. La flamme du berger a ouvert le passage. Jésus est avec nous. Jésus vivant est au milieu de nous. Jésus : brûlant de nous brûler tous à son être. Ouvrons notre cœur : bien grand. Et laissons-nous prendre aux mots de l'Écriture Sainte.
1. (Gn 1,1-2,2). Voici d'abord, au livre de la Genèse, un beau poème qui nous attend : des mots de vie, recréateurs... qui nous attirent très loin en nous, là où je suis créé par amour, des mots qui nous entraînent là tout près vers Pâques où Jésus accomplit toute chose.
Semaine Sainte : Vigile Pascale
La JOIE de Dieu est de donner sa vie…
1- Bénédiction du FEU… qui danse et qui chante, qui brille et qui éclaire. Flamme chaleureuse, étincelle de pur bonheur. Le feu se nourrit du bois dont on fait la/les croix : sous le bois auquel l’Amour a été suspendu, couvait le feu de Dieu. Voici qu’il prend, qu’il nous prend. Il s’avance solitaire… et puis tout s’embrase de proche en proche, et la nuit est bienheureuse qui nous donne d’accueillir ce pur bonheur : découvrir notre vocation de JOIE en nous laissant consumer par le FEU !
VIGILE PASCALE : La PAIX comme oeuvre d'art
Elle vient d’ailleurs, comme un surcroît de lumière, un surcroît de sens, un surcroît de vie, un surcroît de communion. […]
La Paix défie toute logique humaine, tout comme la Résurrection. De l’enseignement de Jésus on avait retenu la Croix… sans aller jusqu’au troisième jour : celui de la PAIX du Ressuscité. La PAIX soit avec vous !
Jérémie avait prévenu : Mon projet est un projet de PAIX, de prospérité, et non de malheur : je vais vous donner un avenir, une espérance. Jr 29, 11.
Nous avions mis une croix sur cet avenir. Désormais nous dit Saint Paul (Phi 4, 7) : La Paix de Dieu qui surpasse toute intelligence gardera vos cœurs et vos pensées. Vous saurez, nous savons « QUE PENSER » et l’Église nous invite à le redire dans une profession de foi.
ASCENSION : Le mouvement est achevé
Dans l’Ascension, le mouvement est achevé. Celui qui s’est abaissé a été élevé.Ceux qui ont prétendu élever en Croix le Fils de l’Homme ne savaient pas à quel point ils rejoignaient le dessein de Dieu. L’humanité retrouve son Orient, à la verticale de Jérusalem. Pour autant la mission demeure qui est celle du Verbe, féconder la terre.
- Jésus prend son essor, et avec lui notre chair, notre humanité. Elle traverse le voile de la condition terrestre. La voici qui découvre le mouvement qui la fait naître d’en haut. Dans le même temps, elle pressent son envergure. L’Arbre dont la cime touche le ciel et dont les ramures touchent les extrémités du monde.Ah si tu déchirais les cieux ! Les cieux sont déchirés pour que l’homme y monte.
- Ainsi la troisième dimension absente dans la mort et le sépulcre fait partie de la nature humaine. L’homme a été créé debout non pour être couché un jour dans la mort mais pour le demeurer. Jésus est mort debout. Ainsi élevé de terre, il attire tout à lui. La prière de Jésus, de l’Église, l’eucharistie, adopte ce mouvement, cet élan : anaphore : sursum corda ! Hauts les cœurs !
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Mais du même coup l’inconnu demeure, le voile sur un au-delà qui échappe. Un en deçà de l’enfantement en terre/un au-delà de l’enfantement en gloire. (On ne peut le photographier ).
PENTECÔTE : La paix comme relation
La Paix comme un souffle nouveau qui crée une RELATION.
Recevez l’ESPRIT SAINT ! […]
L’Esprit Saint révèle la PAIX comme une RELATION. La PAIX que le Père donne au Fils, la PAIX que le Fils trouve en faisant la JOIE du Père. La PAIX qui rétablit les rapports entre Dieu et l’homme, PAIX du FIAT de Marie à l’ombre de l’Esprit. La PAIX qui rétablit les rapports entre tous les hommes – pas de meilleur symbole que de se comprendre mutuellement- TOUS, Juifs ou païens, un seul CORPS de membres différents, de langues qui restent différentes, mais qui expriment le même message, le même VERBE.
Une PAIX sans frontières […] : du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Cette première assemblée de Pentecôte prélude à tant d’autres. On a cru que l’eau marquée sur nos fronts [ à notre baptême ] allait marquer la frontière de l’Esprit, comme les fleuves marquent celles des États… et on a perdu la PAIX !
PENTECOTE : L'hymne à la joie du Christ
Les disciples furent remplis de JOIE en voyant le Seigneur…
Même évangile que pour Pâques. La joie pascale des Apôtres aurait-elle fait long feu ? Aura-t-il fallu qu’elle soit amorcée de nouveau pour tout embraser enfin ? On peut penser plutôt que le feu a couvé lentement… Cinquante jours, du reste, ce n’est rien au regard des milliards d’années de la création. Or tout permet de croire que ce feu couvait ainsi dans l’univers depuis la création du monde… ici ou là des flammèches affleuraient, laissaient entrevoir ce travail souterrain. Parfois un vrai volcan : Abraham, Élie, Moïse… Plus souvent cette chaleur inconnue que les cœurs simples ont chantée dans les Psaumes.
PAQUES, c’est la JOIE à découvert, la vie garantie au foyer : JESUS souffle sur les braises au cœur de chaque apôtre. Il chasse les cendres.
PENTECOTE 2018 : méditation autour des dons de l'Esprit
En compagnie des sept moines-martyrs de Tibhirine.
- Don de Dieu, fête de la Pentecôte
- Don de Sagesse
- Don de Science
- Don d'Intelligence
- Don de Conseil
- Don de Force
- Don de Crainte
- Don de Piété
Fête de la SAINTE TRINITE : Vérifier que Dieu est Amour
[…] Quand il viendra, Lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité toute entière…
[…] Voici que Jésus nous envoie plus loin que la lettre des Écritures, plus loin même que ce qu’il a pris le temps et la peine de nous dire ou de vivre concrètement quand il était là, parmi nous. Il nous redit ainsi que la vérité de la foi ne sera jamais à chercher d’abord au plan du discours ou des paroles, fût-ce ses « ipsissima verba » telles qu’aurait pu les enregistrer un magnétophone.
C’est dans une relation avec le Père qu’il veut nous introduire – une relation préexistante à toute existence créée - une relation que seul l’Esprit peut engager parce que la vérité de l’Esprit c’est d’être cette relation. Le mensonge à éviter est et sera toujours celui qui s’établit dans nos relations. Le diable est père de ce mensonge-là.
Il a parasité toutes les communications sociales. Il a même cherché à figer notre relation à Dieu dans une lettre de loi, dans un énoncé de foi intangible. Mais l’Esprit veut nous délier de cela aussi pour nous guider vers la vérité toute entière, c’est à dire vers la relation toute entière. La vérité du dogme est toujours à vérifier c’est à dire que c’est une vérité à faire ; et voilà qui nous donne le sens même du mystère que nous célébrons.
Fête du SAINT SACREMENT : Paix et Pain
Le sacrement de l’Alliance pour une « année de la PAIX » : pain et paix, un lien existentiel qui n’a peut-être jamais été aussi clairement perçu qu’en ces jours où tout se vit à l’échelle planétaire. JAMAIS ? à voire… c’est ce lien même que Jésus consacrait dans la coupe de son sang, le recevant de son Père pour le donner.
Un lien défini par Paul VI quand il affirmait dans Populorum Progressio que « le développement est le nouveau nom de la PAIX ». Un lien souligné avec véhémence à Lahore en 1974 par le Président Boumédiène à la conférence des États islamiques, quand il proclamait que les ventres affamés n’ont rien à faire avec les Paroles du Livre, si c'est là la seule nourriture que les croyants ont à leur partager aujourd’hui…
Pain et Paix… La 1ère lecture (Gn 14, 18-20) rappelle l’Alliance pacifique entre Abraham et Melchisédech roi de SALEM, roi de «PAIX». Une Alliance qui scelle une victoire sur une injuste agression à laquelle Melchisédech n’a pas été mêlé. Il est témoin du désir de paix d’Abraham et il consacre ce désir en sacrifiant à Dieu le PAIN et le VIN en signe du sacrifice parfait. Que la PAIX entre tous nous vienne de Celui qui nous donne le pain vital pour tous. Et Dieu se reconnaît dans ce vœu au point de le faire sien et de s’identifier à ce pain, Lui qui s’identifie à cette PAIX. « Voici l’offrande que nous te présentons… assure toi-même la PAIX de notre VIE ! ».
Fête de Saint BENOIT - 11 Juillet
Frères et Sœurs, la vérité quand elle est une idée, une définition, un système, une spéculation... une élucubration : il faut se hausser, s'élever, faire l'intelligent à la mesure de ses moyens pour la saisir, l'analyser et se la mettre dans la tête.
Mais si la vérité, c'est Quelqu'un - un jour on a tout quitté pour le suivre - et il s'agit d'entendre sa Voix, d'accueillir sa Présence, de rencontrer son Visage, il faut simplement, vraiment incliner son cœur. Oui quand on écoute l'Évangile - Parole qui est Révélation - il faut demander le discernement, appeler l'intelligence, l'intelligence pauvre qui nous met à hauteur du Christ doux et humble. Et quand I'Évangile nous vient par un saint qui vraiment l'a mis en pratique - la vie des saints qu'ils s'appellent Augustin, Benoît, François, Claire ou Charles - c'est l'Évangile illustré, mis en histoire. Oui, aujourd'hui, en ce jour où l'Évangile de Jésus Christ nous vient par Benoît : il nous faut demander une oreille attentive, un cœur qui s'incline.
Une oreille. Un cœur. Mais c'est Benoît lui-même et cet homme de Dieu, cet homme selon Dieu : il est appelé à voir. Voilà le portrait élémentaire de Benoît : une oreille, un cœur et un regard (tout chez lui est unifié : l'écoute n'est pas dispersée, curieuse, tous azimuts ; le cœur n'est pas partagé ni double ; le regard ne louche pas à droite et à gauche...). C'est que Benoît est moine : monos, unifié par et dans l'Un.
TRANSFIGURATION : Voir venir l'autre
Ainsi quelque chose est arrivé à Jésus en prière sur la montagne. Quelque chose qui a altéré son être comme réduit à l'essentiel : visage. Jésus fait face au Père, mais sans se détourner ni de Moïse, ni d'Élie avec qui il converse, ni de ses trois disciples.
Dieu se révèle. Relation : visage et voix nous attirent. Faire face nous ici, en prière, un peu, sur cette montagne. Alors qu'arrive-t-il ? En quoi cet événement de Lumière nous concerne-t-il ? La Palestine n'est pas si loin.
Fixons notre attention sur l'Écriture. Laissons l'Évangile nous illuminer. Jean écrit : Personne n'a jamais vu Dieu. Le Fils unique qui est dans le sein du père, lui, nous l'a dévoilé (Jn 1,18). (…)
Il me semble aujourd'hui qu'en effet, Jésus est pour nous celui qui marche, celui qui nous ouvre un chemin de lumière, là même où tout semble bouché, et c'est bien de cela qu'il s'entretient avec Moïse et Élie : de son Exode.
Ce qui peut nous arriver dans la prière ? Qu'une étoile se lève en notre cœur ... Mais avant, il faut lutter contre le sommeil, contre la pesanteur, veiller, être attentif, être là dans la nuit, sur cette montagne, pris par Jésus, épris de Lui. Si la contemplation est une vocation pour tout disciple que Jésus prend avec lui, il me semble que cet épisode arrivé en Palestine nous indique ce voir. Voir, c'est simplement, et c'est cela je crois être «visionnaire», c'est voir venir. Oui, dans la nuit, voir venir quelqu'un. Croire que Pâque est en train de s'accomplir, victoire de la lumière sur les ténèbres. Espérer contre toute espérance, s'attendre à quelqu'un. Oui, tu ne peux pas ne pas venir. (…)
ASSOMPTION de MARIE : Ce trésor où nous pouvons puiser
[Le Bien-aimé du Cantique] : Debout, toi, ma compagne, ma belle, lève-toi, ma bien-aimée, partons d’ici !
Le DESIR de Dieu pour notre race humaine n’a pu attendre la consommation des siècles… il lui fallait même se signifier dans le cours du temps. Fais-moi voir ton visage ! Fais-moi entendre ta voix !
Élevé de terre j’attirerai tout à moi ! (Jn 12,32.)
Elle était de notre race, mais TOUT en elle tendait vers Dieu. Il était son PENCHANT de toujours. Aucune réticence, aucune résistance, aucune adhérence, à la boue qui nous colle à la peau. Pour elle, jugement particulier et jugement dernier sont immédiats. Pour nous, il faut que la miséricorde de Dieu et celle des hommes puisse se conjoindre. Elle n’a rien brisé de la COMMUNION à venir.
Amassez-vous des trésors dans le ciel… (Mt 6,20)
Le trésor de Dieu.
Le trésor de Marie.
Marie, ce trésor où nous pouvons puiser, qui ne demande qu’à investir en notre faveur.
FÊTE de la CROIX GLORIEUSE (14 septembre) : l'essentiel nous est confié
Si l'essentiel est vraiment là où Jésus meurt : en Croix... suis- je prêt à vivre cet essentiel, à témoigner de cet essentiel : donner ma vie, m'en dessaisir pour les autres. Car l'essentiel, nous sommes tous d'accord : c'est de vivre... et l'essentiel de la vie: c'est aimer, être aimé. Mais vivre jusqu'à ce point... aimer jusqu'à cet extrême, et puis être aimé de cette façon...
Jésus en croix nous dit d'abord ce que n'est pas l'essentiel,
il nous montre où il n'est pas :
- l'essentiel n'est pas de réussir, de s'épanouir, de faire carrière (professionnellement, religieusement), Jésus meurt abandonné, condamné, humilié.
- l'essentiel n'est pas dans l'argent ni dans cette apparence qu'il nous permet d'acheter: Jésus meurt nu, dépouillé, dévêtu de toute apparence, homme ordinaire, en tout semblable aux hommes et reconnu comme un homme : le Nazaréen ! Ecce Homo.
-l'essentiel n'est pas dans le manger, ni dans le boire. J'ai soif, dit le supplicié (Jn 19,28).
TOUSSAINT : Nous apprendre le bonheur de Dieu
Jésus voyant la foule, peut-être bien qu'il entend ce verset du Psaume -nous le chantons chaque soir à Complies et cette nuit aux Vigiles : Beaucoup demandent : Qui nous fera voir le bonheur ? (Ps 4,7).
[…] Oui, ils sont foule aujourd'hui de par notre monde à demander : Qui nous fera voir le bonheur ? Suffirait-il en guise de réponse d'édicter une loi : charia ou catéchisme, garantissant un bonheur... obligatoire et triste, dont les gens à dire vrai n'ont que faire !
Faut-il avancer des idées et élaborer un bonheur bien programmé, froid et tellement exclusif : bonheur des riches ou du prolétariat, bonheur des blancs, bonheur occidental genre Le Pen ou bonheur islamiste ? Nous faudrait-il choisir ?
Le CHRIST ROI : Comment Jésus règne sur la Croix
Sur la Croix, voici l'homme, Jésus, l'acteur principal. Il ne joue pas sur l'écran. Il est dans la salle, avec les spectateurs. Il est dans l'histoire, avec nous. Voici l'homme dans son plus beau rôle : le centurion bientôt dira : en réalité, cet homme était un juste (Lc 23, 47). L 'Église, c'est un peuple qui regarde : et qui témoigne, qui tient et s'affirme elle-même dans ce regard porté envers et contre tout sur Jésus. Elle ne rêve pas. Elle n'imagine pas. Elle regarde : le réel de la Croix aujourd'hui : l'humanité torturée, humiliée, transpercée, défigurée.
L'Église ne se détourne pas. Son regard démasque le mensonge. Son regard témoigne : le Procès n'est pas fini. L'Accusé n'a pas dit son dernier mot : l'Agneau immolé, il est vainqueur. Le Crucifié, il est ressuscité : vivant. Il règne. Christ et Roi.
Frères et sœurs, regardons le Roi. Que notre regard témoigne et reconnaisse : "Jésus, tu es mon Seigneur et mon Roi". Ce Roi vient d'Ailleurs, mais il est de chez nous et les siens ne l'ont pas reconnu. […]
La croix, frères et sœurs, c'est la façon qu'a Jésus de se tenir dans l'être. Qui le voit, voit le Père (Jn 14,9). Ainsi Dieu se tient à la merci de notre accueil. En Jésus nous voyons comment Dieu se tient : quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, vous saurez que je suis et que je ne fais rien de moi-même (Jn 8,28).
Jésus est roi. Il tient sa royauté de celui qui l'a envoyé. Restons un moment à regarder ce roi en train de régner sur la croix. Regardons Jésus en plein exercice de pouvoir: obéissant jusqu'à la mort (Ph 2,8).
D'abord, ce Roi : il n'est pas dans un lointain inaccessible. Il est à portée de regard. Ce Roi : Prince de la Paix. Conseiller merveilleux. Ce Roi est proche. Emmanuel. Dieu avec nous (Mt 1,23). […]

